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Guides · Mis à jour le 23 octobre 2026

Coût de revient d'un chantier : du déboursé sec au prix de vente, la feuille à remplir

Les deux onglets sont ci-dessous, en entier, à copier dans ton tableur. La feuille de coût de revient · L'exemple, avec les chiffres d'artisans · Ta bibliothèque de prix unitaires · Où prendre tes chiffres · Questions.

Le prix de revient, c'est « le prix au-dessous duquel vous perdez de l'argent » (FFB, « Prix de revient : calculer votre juste prix », Bâtiment Actualité, 22 septembre 2021).

La même page donne la chaîne entière : « Le prix de revient est composé du déboursé sec (coût des matériaux et de la main-d'œuvre), auquel s'ajoutent les frais généraux de l'entreprise. Le prix de vente sera égal au prix de revient agrémenté d'une marge bénéficiaire. »

Trois étages, donc : déboursé sec, coût de revient, prix de vente. La feuille ci-dessous les pose dans cet ordre, avec une ligne par chose qui coûte.

Ce schéma n'a pas d'auteur. Les organisations du métier l'enseignent.

La FFB, en visioconférence « Calculer son coût de revient et fixer le prix juste » (19 février 2026). La CAPEB Ardèche, qui publie le programme d'une journée de l'AFABAT, l'organisme de formation de l'artisanat du bâtiment, autour du « coût de revient de l'heure productive » et du « coefficient de frais généraux ».

Une chambre de métiers, en deux jours (CMA Pays de la Loire, Laval, 9 et 16 décembre 2026).

Les quatre mots, et ce qu'ils contiennent

Le déboursé sec. Ce que le chantier coûte directement. La FFB y met les matériaux et la main-d'œuvre.

Un cabinet d'expertise comptable détaille les « charges directement affectées à la réalisation des chantiers » : « matériaux, fournitures et frais accessoires (frais de transport, de livraison, …) ; main d'œuvre productive (salaires bruts, charges sociales patronales, charges fiscales sur salariés, rémunération de l'exploitant, charges sociales et fiscales) ».

La même liste continue : « autres déboursés ; frais de chantier » (Fiducial, guide bâtiment, 2015).

Ta propre paie en fait partie. « Rémunération de l'exploitant » : si tu travailles seul, c'est toi, sur chaque heure de chantier.

Les frais généraux. Les « charges non affectables aux chantiers » : « frais de location ou d'entretien de matériel, frais d'installation et de repliement de chantier, impôts et taxes, charges financières » et « main d'œuvre non productive » (même source).

La FFB liste autrement tout ce que le prix doit vendre : « composition des équipes ; salaires et charges sociales ; moyens matériels ; assurances ; tarifs des matériaux, revenu du chef d'entreprise et ses cotisations ».

Le temps hors chantier. Devis, achats, déchèterie, paperasse : il ne se facture pas à l'heure, il se paie quand même. La méthode comptable le range dans le coût de l'heure productive.

« Les heures productives correspondent aux heures payées diminuées : des absences rémunérées (jours fériés, congés payés, RTT…) ; des heures travaillées non productives (temps administratif par exemple) ; des heures perdues (pause déjeuner, arrêt de travail dû à une panne machine). »

C'est la définition du cabinet comptable (Fiducial, « Comment calculer votre prix de revient ? », 27 juin 2023).

Le coût de l'heure se calcule sur ces heures-là : « Coût de la main d'œuvre productive / Nombre d'heures productives » (même page). Moins tu as d'heures productives dans l'année, plus chacune porte.

Un menuisier le dit avec ses mots : « Perso je compte 4 jours x 8h de travail que je facture par semaine. Le reste c'est du temps de devis, de paperasse... » (L'Air du Bois, fil « Devis "justes" ! », ouvert en décembre 2024).

La marge. Ce que tu ajoutes au coût de revient. « Pour obtenir le prix de vente, il convient simplement d'ajouter au coût de revient la marge que vous souhaitez réaliser » (Fiducial, 2023). Elle couvre les aléas et le résultat ; personne d'autre que toi ne la fixe.

Onglet 1 : la feuille, du déboursé sec au prix

Ce qui est entre crochets se remplit. Une ligne vide reste vide : un zéro est une information, un trou n'en est pas une.

LigneCe que tu saisisCalcul
AHeures de chantier prévues[ ] h
BCoût de ton heure productive[ ] €/h (voir où prendre tes chiffres)
CMain-d'œuvre= A × B
DFournitures et matériaux, livraison comprise[ ] €
EPertes, chutes, découpes sur D[ ] % × D
FMatériel : location, usure de ton outillage, carburant[ ] €
GSous-traitance liée à ce chantier[ ] €
HDéboursé sec= C + D + E + F + G
ICoefficient de frais généraux[ ] (1,00 + ta part de frais généraux)
JCoût de revient= H × I
KMarge[ ] %
LPrix de vente HT= J × (1 + K)
MTVA au taux de tes travaux[ ] % × L
NPrix TTC= L + M

La ligne J est le plancher : en dessous, le chantier te coûte. La ligne L est ce que tu écris sur le devis.

Variante, si tu préfères compter le temps hors chantier par chantier. Ajoute une ligne A', heures de devis, d'achats, de déplacement pour ce chantier, multipliée par B, et sors ce temps du calcul de B. Une seule des deux méthodes, jamais les deux : sinon le même temps est compté deux fois.

Comment remplir la ligne I. Le cabinet comptable donne deux clés de répartition : « soit une affectation proportionnelle aux heures productives, soit une affectation proportionnelle aux déboursés secs » (Fiducial, guide bâtiment, 2021).

Proportionnelle aux déboursés secs : frais généraux de l'année ÷ déboursés secs de l'année. Si tes frais généraux font 30 % de tes déboursés secs, I vaut 1,30.

Proportionnelle aux heures productives : frais généraux de l'année ÷ heures productives de l'année, un montant par heure. Tu l'ajoutes alors à la ligne B, et I vaut 1,00.

Comment remplir la ligne E. Les frais accessoires réguliers peuvent devenir « un coefficient à appliquer aux achats » (Fiducial, 2023). C'est la même idée pour les pertes : un pourcentage relevé sur tes derniers chantiers, par matériau.

L'exemple, avec les chiffres que des artisans donnent eux-mêmes

Les coefficients ci-dessous viennent d'artisans du bois qui les écrivent sur un forum (L'Air du Bois, fil « Devis "justes" ! », ouvert le 16 décembre 2024, licence CC BY-SA 4.0). Les bases de calcul, 1 000 € et 100 €, sont des bases, pas un niveau de prix.

Un menuisier donne ses deux coefficients : « J'en suis à environ 42% de frais généraux + 7% de marge de mémoire. »

Son cadre n'est pas celui d'un artisan à son compte : « Je suis salarié dans une Coopérative d'activité et d'emploi ce qui signifie que je me paie un smic avec ce montant et j'ai qq'un qui me fait compta et administratif, donc sont inclus dans ce tarif toutes les charges (charges patronales, salariales, assurances, administratif...). »

Son heure est à « environ 49€HT/heure », charges comprises, et il ne dit pas sur quelle base portent ses 42 %.

Le tableau ci-dessous les pose sur un déboursé sec, pour montrer la mécanique de la feuille. C'est une illustration, pas sa méthode.

LigneAvec ses coefficients, posés sur la feuilleMontant
HDéboursé sec1 000,00 €
ICoefficient de frais généraux : 1,42
JCoût de revient = 1 000 × 1,421 420,00 €
KMarge : 7 %
LPrix de vente HT = 1 420 × 1,071 519,40 €

Le calcul se vérifie : 1 000 × 1,42 = 1 420 ; 1 420 × 1,07 = 1 519,40.

Un autre majore les fournitures en deux temps : « Pour les fournitures, je prends le prix fournisseur, j'applique une marge "technique" de 30% + une marge "urssaf" de 15% (puisque je vais payer 12,8% de cotisation sur les ventes, il faut ajouter 15% au tarif brut), ce qui donne une marge totale de 50%. »

« Et ça, c'est le minimum que j'inscris dans le devis. »

Il l'appelle marge totale de 50 %. Sur la feuille, ce sont deux coefficients l'un après l'autre : 100 € d'achat × 1,30 = 130 € ; 130 € × 1,15 = 149,50 €. Soit 1,30 × 1,15 = 1,495 sur la ligne D.

Ses 15 % paient les cotisations d'un micro-entrepreneur, calculées sur le chiffre d'affaires. Si ta ligne B contient déjà ta rémunération et ses cotisations, comme décrit plus haut, ne les remets pas sur la ligne D : un même euro de cotisation ne se compte qu'une fois, dans B ou dans D.

Un troisième charge les matériaux pour payer l'atelier : « moi je fait matériaux X 1,3 qui paye les machines ». Chez lui, l'usure du matériel (ligne F) est portée par la ligne D.

Pour le temps : « Pour la main d'oeuvre, je me suis chronométré au début et après il faut estimer le temps passe pour chaque projet. »

Un quatrième majore le temps, pas le prix : « comme il y a toujours des aléas, j'applique un coefficient (+10% en général) sur le temps calculé ». Sur la feuille : 16 h prévues deviennent 17,6 h à la ligne A.

Et sur ses achats : « une marge (entre 20 et 40% en général, moi je me positionne au milieu !) qui sert à couvrir tous les temps cachés liés à l'approvisionnement au sens large ».

Un cinquième part du mois : « Pour un chantier qui va me prendre un mois, je prends mon salaire, mes charges et cotisations, les matériaux et 10% de bénéfices. Ça me donne un prix que j ajuste par la suite. »

Cinq artisans, cinq jeux de coefficients. La feuille est la même. Ce qui change, c'est la colonne ce que tu saisis, et elle sort de tes chiffres de l'année, pas des leurs.

La question du fil était : « je trouve toujours mes devis trop chers (à tort) et je les tire systématiquement vers le bas avant de les proposer aux clients ». Un autre répond : « Après analyse de mes chantiers, le premier prix établi est souvent le bon. »

Onglet 2 : ta bibliothèque de prix unitaires

Un ouvrage que tu refais souvent (un mètre linéaire de plinthe, un point lumineux, un mètre carré de faïence) a un déboursé sec qui ne change pas d'un chantier à l'autre, tant que tes prix fournisseur et tes temps tiennent. La bibliothèque les garde, le devis les reprend.

Cette table est vide. Aucun prix n'y est pré-rempli : ce sont tes temps, tes factures fournisseur, tes coefficients. Les bases de prix du marché existent, elles donnent des moyennes ; ici, c'est ta moyenne à toi.

OuvrageUnitéFournitures par unité (€ HT, livraison comprise)Pertes (%)Temps par unité (h)Coût de l'heure (€/h, ligne B)Déboursé sec par unitéCoefficient de frais généraux (ligne I)Marge (%)Prix unitaire HTRelevé leSource du prix
[ouvrage 1][ml / m² / u / h][ ][ ][ ][ ]= fournitures × (1 + pertes) + temps × coût de l'heure[ ][ ]= déboursé sec × coefficient × (1 + marge)[date][facture du …, tarif fournisseur du …]
[ouvrage 2][ ][ ][ ][ ][ ][ ][ ][date][ ]
[ouvrage 3][ ][ ][ ][ ][ ][ ][ ][date][ ]

Les deux dernières colonnes sont celles qu'on oublie, et ce sont celles qui rendent la table fiable six mois plus tard : quand le prix a été relevé, et sur quel document.

La méthode des temps unitaires, un menuisier la décrit : « Pour chacune de ces étapes, je définis un temps pour une unité donnée (par exemple combien de temps je mets pour plaquer et finir 1 mètre linéaire de chant, ou combien de temps est nécessaire pour poncer 1m², etc.) ».

La suite : « et j'ai le petit fichier Excel qui va bien où je n'ai plus qu'à remplir mes données propres au projet en cours. »

Et sa limite, qu'il nomme aussi : « c'est l'expérience qui permet d'affiner tout ces temps unitaires pour avoir quelque chose de juste. »

« Lorsque l'on fait quelque chose de nouveau on ne peut qu'estimer, et constater ensuite la réalité une fois qu'on y est pour confirmer ou corriger pour les prochaines fois. »

Une ligne « temps réel » à côté du « temps prévu », remplie en fin de chantier, est la seule façon de faire vieillir cette table dans le bon sens.

Où prendre tes chiffres de l'année

La formation FFB d'une journée liste ce qu'il faut sur la table : « Mon bilan N-1, Les bulletins de paie de mes salariés ; Mon prévisionnel à venir et du bon sens ! » (FFB Ille-et-Vilaine, « Formation : Maîtriser son coût de revient », septembre 2025).

Le cabinet comptable dit la même chose en trois sources. « De la comptabilité : vos derniers exercices comptables et vos prévisions établies avec votre expert-comptable. » « De l'analyse de vos heures pour déterminer en amont les heures productives et improductives. » « Des documents sociaux : salaires perçus, charges sociales et charges fiscales. » (Fiducial, 2023.)

Pour la ligne B : additionne sur l'année ta rémunération et ses cotisations, les salaires bruts et charges patronales s'il y en a. Divise par les heures productives de l'année, pas par les heures payées.

Pour la ligne I : additionne sur l'année tout ce qui n'est rattaché à aucun chantier (assurances, véhicule, local, téléphone, comptable, outillage commun, impôts et taxes, charges financières). Divise par les déboursés secs de l'année, ou par les heures productives.

Pour la ligne K : la FFB la nomme « marge bénéficiaire », le cabinet comptable « la marge que vous souhaitez réaliser ». Aucun texte n'en fixe le niveau.

Les formations lues pour cette page, si tu préfères le faire accompagné. Des fédérations du bâtiment et des chambres de métiers en proposent ; celles lues ici viennent du Gers, d'Ille-et-Vilaine, d'Ardèche et de Mayenne.

  • FFB : visioconférence réservée aux adhérents (fédération du Gers, 19 février 2026) ; formation d'une journée avec BTP Compétences (Ille-et-Vilaine).
  • CAPEB Ardèche : programme d'une journée de l'AFABAT (Lyon), pour « chefs d'entreprise et collaborateurs chargés d'établir les devis dans une entreprise artisanale du bâtiment » ; le lieu n'est pas indiqué sur le programme.
  • CMA Pays de la Loire : deux jours, 488 € nets de taxe, « prise en charge totale ou partielle possible » ; session de Laval les 9 et 16 décembre 2026, inscription avant le 2 décembre.

Le prix reste le tien

Dans QuoteDesk, chaque prix proposé sur une ligne est marqué comme une estimation. Dès que tu saisis le tien, c'est lui qui compte, sans astérisque.

Quand un coût est connu, le logiciel te prévient d'une marge basse avant l'envoi. Sans coût saisi, il ne juge pas.

Voir ce qu'il fait aujourd'hui, et ce qu'il ne fait pas encore

Questions

Déboursé sec et coût de revient, quelle différence ?
Le déboursé sec, c'est le chantier seul : matériaux et main-d'œuvre, plus le matériel et la sous-traitance qui lui sont propres. Le coût de revient ajoute les frais généraux de l'entreprise (FFB, 2021).
Quel coefficient appliquer ?
Les artisans cités : 42 % de frais généraux et 7 % de marge, 1,3 sur les matériaux, 20 à 40 % sur les achats, 10 % de bénéfice, +10 % sur le temps. Le tien sort de ton bilan et de tes heures.
Le coût de revient, c'est le prix à facturer ?
Non. C'est « le prix au-dessous duquel vous perdez de l'argent » (FFB, 2021), « le prix minimum à pratiquer (…) pour ne pas perdre d'argent » (Fiducial, 2023). Le prix de vente, c'est le coût de revient plus la marge.

Pour aller plus loin

Sources de la page, lues le 21 octobre 2026 et relues le 23 : ffbatiment.fr, « Prix de revient : calculer votre juste prix » (Bâtiment Actualité, 22 septembre 2021, partie servie à tous) ;

agenda « Calculer son coût de revient et fixer le prix juste » (Les rencontres de l'artisanat, FFB National, 19 février 2026) ; « Formation : Maîtriser son coût de revient » (FFB Ille-et-Vilaine, BTP Compétences, 4 septembre 2025) .

fiducial.fr, « Artisans du bâtiment : comment calculer votre prix de revient ? » (2015), « Artisans : comment fixer votre prix de revient ? » (4 mars 2021), « Comment calculer votre prix de revient ? » (27 juin 2023) ;

capeb.fr, programme de formation « Prix des matériaux : comment ajuster son coût de revient » (CAPEB Ardèche, AFABAT, une journée) ; artisanatpaysdelaloire.fr, formation « Calculer son coût de revient et ses prix de vente » (CMA Pays de la Loire, mise à jour du 20 mars 2026) ;

lairdubois.fr, fil « Devis "justes" ! » (16 décembre 2024, réponses et commentaires jusqu'en 2025, licence CC BY-SA 4.0).

Ces informations sont données à titre indicatif à la date de publication et ne constituent pas un conseil juridique. Vérifie ta situation auprès de ton expert-comptable ou de ton organisation professionnelle. Contenus rédigés avec assistance IA, revus avant publication par l'éditeur.